Auvergne du 7 au 16 avril 2014

 

Nous partons de Lentilly ce lundi 7 avril à 16h00 sous un ciel bienveillant.

En progressant vers Montbrison, les nuages apparaissent...

A 18h00, nous sommes posés près d 'une auberge (fermée) à Verrières sous Forez.

 

Mardi 8 Avril

Après une nuit pluvieuse et sous un ciel très gris, nous arrivons au Moulin Richard de Bas (Ambert). 

 

 Visite guidée de 11h30  qui commence par les appartements des propriétaires successifs.

Le dernier papetier - à mi-temps agriculteur l'après-midi - les a occupés jusqu'en 1937.

Il s'agit d'une salle commune et d'une chambre.

La construction date de 1326.

Nous y voyons un grugeoir (meule à sel), des poêles à long manche (pradelles) et un séchoir à fromage qui est, en fait, un ancien tamis à papier recouvert de paille.

La chambre est meublée d'un lit parental, d'un berceau et d'un lit clos réservé aux apprentis afin qu'ils ne divulguent pas les secrets de fabrication du papier !

A l'extérieur, l'eau de la Lagar passe dans un bief et fait tourner une roue à aubes.

Son débit n'est pas très fort mais il est très régulier.

L'arbre à cames (durée de vie 30 ans s'il est constamment mouillé) actionne des marteaux ferrés dans une cuve contenant des chiffons (lin, chanvre ou coton), défibrés et mélangés à de l'eau (1500l) additionnée de colle qui empêchera le papier de boire l'encre.

En 36 heures, on obtient alors 7 kg de pâte à papier. Celle ci est versée dans une cuve dans laquelle on plonge une forme (tamis en fil de laiton avec ou sans filigrane cousu en relief).

Pour le papier vélin, le tamis est plus fin. La feuille, encore humide, est intercalée entre deux tissus de feutre.

Il faut deux heures pour préparer ainsi une centaine de feuilles qui passe à la presse : deux tours d'un petit levier, puis un gros levier et cabestan tourné par quatre hommes produisent un pressage de plusieurs tonnes. Les feuilles y perdent 20% de leur humidité. Séparées par des feutres, elles sont disposées sur un étendoir à l'aide d'un ferlet, outil en forme de T  permettant de prendre des feuilles humides et de les déposer sur un fil pour les faire sécher, et maintenues par des pinces en fil plastifiées. Une fois sèches, elles sont lissées puis triées. 

 

 

Il y a aussi une production de papier à composition florale : des fleurs sont jetées dans la pâte à papier...

 

 un peu d'histoire :

l'invention du papier par les chinois date de 105.

les Arabes s'emparent du secret de sa fabrication en 751. 

Ce n'est qu'en 1326 que trois auvergnats, faits prisonniers à Damas, introduisent cette fabrication dans la région d'Ambert.

 

 

l'après midi, c'est promenade en ville où nous apprenons qu'Ambert est jumelé avec Gorgonzola !

la 1ère pierre de la mairie, alors Halle aux grains, fut posée

le 09-09-1820. Elle deviendra la Maison Commune en 1827

Nous poussons jusqu'à la Maison de la Fourme... mais elle est fermée.

Le clocher de l'église St Jean (fin XVème siècle) est cerné d'une ceinture de mâchicoulis.

La cage d'escalier, ornée de divers éléments de sculpture (1ère moitié du XVIème siècle) conduisait aux orgues, existantes dès 1529, détruites, refaites à plusieurs reprises et transportées en 1931 au fond de l'église.

Sur le mur, un long porte-voix appelé la corne et dont se sert le cornayre du haut du clocher pour convier les fidèles aux offices de la semaine sainte, lorsque les cloches sont muettes.

Nous arrivons à la Chaise-Dieu à 16h30.

Abbatiale St Robert 1354-1352) - Façade en granit.

Edifice construit sous l'impulsion de Clément VI dont le tombeau se trouve au milieu du chœur entouré de 144 stalles en chêne.

Les 44 statues représentant des membres de la famille de Clément VI furent saccagées par les protestants.


le jubé dominé par un Christ de 1603.


le buffet d'orgue est en pin

Peinture murale de la Danse Macabre (26x2m) effectuée fin XVème siècle à la suite d'une épidémie de peste noire.

L'abbatiale est aussi ornée de belles tapisseries d'Arras et de Bruxelles en laine, lin et soie.

 

Nous allons passer la nuit au FP de Baffour tout proche.

 

Mercredi 9 avril

 

Malgré le ciel bleu, il ne fait que 7° dans le camping car ce matin.

Nous roulons vers l'ouest jusqu'à Lavaudieu à l’extrême nord de la Haute Loire.

L'abbaye, église St André,  a été édifiée par St Robert, premier abbé de la Chaise-Dieu.

Clocher octogonal roman dont la flèche a été tronquée à la Révolution.

Le cloître n'est ouvert à la visite qu'à partir de Pâques... Grrrr

La nef est ornée de fresques du XIVème siècle d'influence italienne, représentant la Passion du Christ et les Malheurs du Temps (les méfaits de la peste noire).

Les fresques sont réalisées par détrempe sur badigeon de chaux sec, remouillé...

Arrêt suivant sur l'aire CC de Vieille-Brioude, commune viticole la plus importante de la région jusqu'au siècle dernier.

Pressoir à grand point (1873)

7 tonnes - 6,10 m de long

 

Après midi à Brioude dont le premier site d'habitat était Vieille Brioude. Sans doute pour se protéger des crues de l'Allier, la ville se développa plus à l'intérieur des terres, sur une terrasse.

 

visite de la basilique Saint Julien

C'est la plus grande église romane d'Auvergne.

la partie occidentale, romane, date de la fin du XIème siècle.

La partie orientale, roman tardif, date de la fin du XIIème siècle.

La voûte de la nef centrale date du XIIIème siècle.

Elle mesure 78m de haut, 22m de large et 56m de haut (clocher octogonal)

Les pierres utilisées sont : le grès rose d'Allevier, scorie de la Vergueur, grès de Beaumont...

Le Christ lépreux de la Bajasse en bois du XIVème siècle, marqué par la souffrance, produit une forte impression.

La tendresse est au rendez-vous avec les vierges gothiques : la vierge parturiente en bois doré et les deux vierges à l'oiseau en bois doré et lave.

 

Nous visitons ensuite l'Hôtel de la Dentelle...

Prévu pour se parcourir en 45 minutes.... nous y resterons 2 heures.

 

Exposition de dentelles d'Italie, d'Estonie et d'autres pays slaves... et de France. Ici, la spécialité est la dentelle au point de Cluny (beaucoup de feuilles...)

Nous voyons aussi des métiers à remplir les fuseaux, des outils à piquer les cartons-modèles, d'anciens coussins à rouleau avec tiroir, des nappes en dentelle et broderie aux motifs "aponcés" et un plioir pour enrouler la dentelle.

 Un centre d'enseignement de la dentelle occupe une salle.

 

La journée est bien avancée. Nous reprenons la route vers le nord en empruntant les gorges d'Alagnon et arrêt au FP de Boudes, près de St Germain Lembron après avoir aperçu une jolie ruine...

Jeudi 10 avril

 

L'A75 nous ramène un peu au sud; nous en sortons à Saint Flour d'abord pour l'escale technique (vidanges, gas-oil et nourriture)  puis nous montons dans la vieille ville nous garer sur le parking G. Pompidou.

 

Nous visitons la cathédrale St Pierre...

65m de long, 24,6m de large, les tours s'élèvent à 35m...

A noter, l'altitude du parvis, la plus haute d'Europe, est 892m.

L'édifice de style gothique sévère est bâti en pierre de lave noire de Liozargues.

Dans la série des "Beaux Dieux" où la représentation du Christ est souvent embellie, celui de St Flour a la particularité d'être noir, en bois de noyer peint... inspiré du type des Vierges Noires ???

Parmi les objets remarquables on ne manquera pas de voir un "Christ au Tombeau (1842)", une chasse contenant les reliques de St Flour (1897), une peinture murale "le Purgatoire"

Point de vue sur le Pont Vieux et l'église Ste Christine

 

 

Etrange décoration

 

 

 

Plomb du Cantal

Murat                                          Bonnevie

 

 

 

 

Vers l'ouest, nous voici dans le Cantal. Arrêt à Murat, cité dominée par les trois necks, Bonnevie, Bredon et Chastel.

L'activité volcanique a marqué ce territoire il y a 3,6 millions d'années et en se refroidissement lentement, la lave basaltique s'est rétractée en prismes créant les spectaculaires "orgues basaltiques"

 

 

Bredons


Nous visitons Murat ...

et la collégiale Notre Dame des Oliviers

 

Eglise composée d’une longue nef de 5 travées avec chœur dans la 5e travée, à chevet plat. A l’ouest, porche d’une travée, désaxé par rapport à la nef, et par lequel on accède à l’église.
Au sud, le long de la première travée, clocher-tour de plan carrée, servant de porche, avec tourelle d’escalier et trois chapelles le long des 3 travées suivantes. Au nord, 5 chapelles le long des 5 travées. Une sacristie de plan carré est adossée au nord de la 3e chapelle nord.
Les murs sont en pierre de taille partiellement enduits, et les couvertures en lauzes taillées en écailles.
Le clocher est couvert d’une toiture surmontée d’un lanternon.
La Collégiale Notre-Dame a été fondée en 1380 et consacrée en 1383 par Etienne, évêque de Venise. La construction du clocher originel remonte à 1430. Il ne prendra sa forme définitive – exceptionnelle dans le Cantal – qu’en 1848.
Agrandie au XVème siècle, l’église est reconstruite dans sa configuration actuelle en 1494, suite à un incendie en 1493. Elle est ensuite remaniée au XIXème siècle (La toiture en « bulbe » sur le clocher date de 1848, tandis que sont réalisées la construction de voûtes en briques en remplacement du lambrissage en bois peint du XVIIème siècle et que le jubé est  supprimé en 1854).

Nous envisagions de monter au Lioran pour prendre le téléphérique du Plomb du Cantal... mais fermé

1694 m

le Puy Griou (en forme de pic


Des millénaires d'érosion d'un gigantesque volcan (60 km de circonférence) ont façonné les monts du Cantal.

Les puys ont donc des formes très variées : le puy Mary a la forme d'une pyramide mais le point culminant, le Plomb du Cantal (1855 m), présente la forme d'un énorme poing.

Ce vaste massif volcanique est constitué de 12 vallées glaciaires rayonnant en étoile. Les anciennes coulées de lave se sont épanchées très loin du cœur du volcan en formant les planèzes, fertiles et verdoyantes.

 

Nous repartons vers le sud et franchissons la ligne de partage des eaux entre le bassin de la Dordogne (vers lequel coule la Cère) et celui de la Loire (alimenté par l'Alagnon).

Avant Vic sur Cère, nous allons photographier la cascade de la Roucoule puis poursuivons jusqu'au FP de Polminhac.

vendredi 11 avril 

Destination Aurillac capitale de la Haute Auvergne édifiée près de la Jordanne, rivière dans laquelle roulaient des paillettes d'or

 

Sur la route d'Aurillac, le château de Pestiels


On peut penser qu'à l'époque gauloise, le site régional primitif de la cité était sur les hauteurs qui dominent la ville à Saint Jean de dône (« Dône » = dunum) et que, comme la plupart des oppida, il a été abandonné après la conquête romaine au profit d'une ville nouvelle établie dans la plaine. Avec le retour de l'insécurité du Bas Empire, on assiste au mouvement d'enchâtellement : un nouveau site fortifié est établi à mi-pente entre l'ancien oppidum et l'ancienne ville gallo-romaine, là où se trouve aujourd'hui le château Saint Etienne.

L'histoire de la ville n'est réellement connue qu'à partir de 856, année de naissance du comte Géraud d'Aurillac, au château dont son père, nommé aussi Géraud, était le seigneur. Vers 885, celui ci fonde une abbaye bénédictine qui portera plus tard son nom.

C’est dans ce monastère, reconstruit au xie siècle, qu’étudiera Gerbert, premier pape français sous le nom de Sylvestre II.

La ville s’est constituée sur un territoire de sauveté qui est situé entre quatre croix et qui a été fondée en 898 par Géraud, peu après l'abbaye. De forme circulaire, la première unité urbaine s'est formée à proximité immédiate de l’abbaye d'Aurillac. Géraud meurt vers 910 mais son rayonnement est tel qu’au fil des siècles, Géraud est toujours resté un prénom de baptême répandu dans la population d'Aurillac et des environs.

Aurillac. Maisons au bord de la Jordanne.

C’est au xiiie siècle que l'on commence à bien connaître les coutumes municipales grâce à un conflit entre les consuls et les abbés. Après la prise du château Saint Etienne en 1255 et deux sentences arbitrales appelées les Paix d'Aurillac, les relations se normaliseront.

Aux xiiie et xive siècles, Aurillac soutient plusieurs sièges contre les Anglais et au xvie siècle, continue à subir les guerres civiles et religieuses.

L'influence de l'abbaye décline avec sa sécularisation et sa mise en commende.

En 1569, la ville est livrée par trahison aux protestants, les habitants torturés, rançonnés et l'abbaye saccagée. Toute sa bibliothèque et toutes ses archives sont brûlées.

Avant la Révolution, Aurillac abrite un présidial et porte le titre de capitale de la Haute-Auvergne. En 1790 à la création des départements, après une période d'alternance avec Saint Flour, Aurillac devient définitivement le chef-lieu du Cantal.

C’est l'arrivée de la voie ferrée, en 1866, qui accélère le développement de la cité. Aucun TGV ou autoroute ne dessert Aurillac.

Gerbert d'Aurillac, dit le «savant Gerbert», pape sous le nom de Sylvestre II de 999 à 1003, est un philosophe, un mathématicien et un mécanicien.

Petit pâtre des environs, il fut remarqué par les moines de St Géraud, où il poursuivra ses études.

Il introduisit l'usage des chiffres arabes dans le monde occidental.

 

L'abbaye Saint-Géraud d'Aurillac est une ancienne abbaye bénédictine qui a été le modèle de celle de Cluny. Elle a été fondée avant 885 en Auvergne (actuel département du Cantal) par le comte Géraud d'Aurillac.

La Maison consulaire

Le blason de la ville orne le dessus de la porte : coquilles (confrérie de St Jacques) et fleur de lys offertes par Charles VII en remerciement de la fourniture par les consuls d'une armée de 200 hommes pour aller délivrer Orléans en 1429.


 

Notre promenade dans les ruelles tortueuses nous permet d'admirer l'hôtel de ville, la tour du Guet (XVIème siècle), quelques hôtels particuliers (Dulaurens, St Chamand, Maynard, Capel, roger Ducos datant de la Renaissance, la maison de Fontanges (1770), la maison des Chanoines (XVème siècle)

 

 

chapelle votive Notre Dame d'Aurinques

 

 

 

 

 

Construite en 1616 "contre le rempart, près de la porte d'Aurinques, sous la tour Seyrac" pour commémorer la délivrance de la ville assaillies par les huguenots en 1581.


Dans le chœur de l'église St Géraud, ancienne abbatiale du IXème siècle, remaniée aux X et XIème siècle et en 1536.

Les protestants la ruinèrent complètement en 1569.

L'évêque de St Flour la fit relever au XVIIème siècle, mais en 1794, la tour romane du narthex fut rasée.

Aujourd'hui, il ne reste pas grand-chose de l'ancien monastère : quelques pans de l'église Saint-Pierre et Saint Paul incorporés dans l'église Saint-Géraud, l'ancien hôpital roman, sa façade à arcades et quelques tours carrées qui participaient à son système de défense pour signaler par des feux l'arrivée d'ennemis.

Le château Saint-Étienne est un château médiéval situé sur la hauteur qui domine la ville d'Aurillac, dans le Cantal. 

Le château fut en son temps habité par les parents de St Géraud. Il appartint ensuite à l'abbaye d'Aurillac jusqu'à la Révolution française qui vend toutes ses propriétés comme biens nationaux.Seul subsiste de cette époque le donjon, le reste a été reconstruit au XIXème siècle après un incendie.

Une nécropole fut découverte en 1989; les sarcophage étaient disposés sur quatre niveaux, le lion adossé au chevet de l'église devait primitivement en garder l'entrée.

En quittant Aurillac, nous nous dirigeons vers le Puy Mary mais la route est fermée au Pas de Peyrol; alors nous empruntons la route des Crêtes et retrouvons la vallée à St Cirgues de Jordanne. Cap vers l'ouest et la D246 que nous atteignons après une petite pente raide et étroite... et mal carrossée !

 

Nous voici à Tournemire où se dresse le château d'Anjony qui domine la vallée de la Doire, une des vallées rayonnant autour du Puy Mary.

Edifié au XVème siècle, en basalte et d'une hauteur de 40m, ce bâtiment massif est composé de quatre tours enserrant un donjon carré.

Autrefois, trop proches voisins et rivaux, les maisons rivales  des Tournemire et des Anjony se disputaient la suprématie de la région par le fer et par le sang. La lutte cessa à l'aube du XVIIème siècle avec la défaite des seigneurs de Tournemire dont le château n'est désormais que ruines. En revanche, celui des Antony subsiste et constitue l'un des fleurons très bien conservés de l'architecture médiévale auvergnate.

Un cœur de logis fut ajouté au XVIIIème siècle et la Révolution a totalement épargné ce château.

Nous partons vers le nord pour visiter Salers.

 

maison des Templiers (XVième siècle)

      maison de Valens dite du Baillage (Renaissance)              maison de la Ronade ( XVième)

le Pounti, spécialité locale à base de saucisse et pruneaux...

 

 

 

Il est fait mention dès le XIème siècle des seigneurs de Salers, ces fiers chevaliers qui participèrent aux Ière et 7ème croisades. Sous la protection du château, une petite ville se forma. Plusieurs fois pillés et rançonnés, ses habitants obtiennent en 1428 l'autorisation de fortifier la partie haute de la cité et peuvent ainsi résister aux assauts des Huguenots et des Ligueurs. Les portes restantes de la ville vous rappelleront son passé défensif.

 

 

En 1666, Salers perd son château rasé sur ordre du roi après la condamnation du baron de l'époque durant les Grands Jours d'Avergne. Salers devient siège judiciaire et administratif suite à un édit de Henri II en 1550. Mais la première richesse de Salers fut autour du commerce (laine, fromages, mules...)

 

 

La Révolution met un terme au Bailliage et également à la prospérité de la cité.

l'AOP Salers est un fromage au lait cru fabriqué à la ferme. Le lait est produit et transformé sur l'exploitation. Fromage de saison, la période de fabrication se situe du 15 avril au 15 novembre, lorsque les vaches sont dans les prés. On parle alors de mise à l'herbe. Le lait est réceptionné obligatoirement dans un récipient en bois appelé gerle. Il se charge de goûts subtils et spécifiques de la flore des Monts d'Auvergne et développe des saveurs inimitables. 

A chaque exploitation correspond un fromage. Chaque Salers possède sa  propre identité, son propre goût.

A l’œil : sa croûte est dorée, épaisse, fleurie de tâches rouges et orangées. Sa pâte est jaune et bien liée.

Au toucher : sa consistance ferme devient fondante et savoureuse dès la mise en bouche.

Au nez : l'AOP Salers dégage de subtils arômes de fleurs de montagne

Au goût : il révèle une saveur de terroir. Chaque production délivre une palette de sensations qui lui est propre.

L'AOP Salers nécessite 90 jours minimum d'affinage

 

Au XVIème siècle, dans le périmètre du centre ville se regroupent les familles de la bonne bourgeoisie qui y font élever des logis à tourelles (maisons de Bargues, de Flogeac, de la Ronade, Bertrandy, Lacombe, Lizet)

Porte Martille,

entrée charretière à deux étages avec salles de garde

Eglise St Mathieu (XVième siècle)

Le clocher, incendié par la foudre, a été rebâti au XIXième siècle.


 

 

 

 

A l'intérieur on découvre des œuvres d'art intéressantes :

 

  • des tapisseries d'Aubusson,
  • un très beau lutrin,
  • une peinture qui rappelle le vœu de la ville sauvée des huguenots le 1er février 1586,
  • une mise au tombeau en pierre  polychrome datant de 1495 avec neuf personnages grandeur nature, inspirée de l'art bourguignon.

Nous sortons de Salers par la vallée de la Maronne

Panorama au pied du Pas de Peyrol

et vue sur le Puy Marie


Ce puy doit son nom à Marius, disciple de St Austremoine, évangéliste du Cantal.

Sa forme pyramidale (en "horn") est née de l'érosion due aux glaciers du quaternaire.

A son sommet, par temps clair, on peut voir le Mont Blanc !

Nous rebifurquons vers le N-O en suivant la vallée du Mars où l'on aperçoit quelques orgues basaltiques.

Et nous arrivons à Mauriac.

Basilique Notre Dame des Miracles (XIème et XIIème siècles), clocher du XIXème siècle qui a remplacé la tour-lanterne primitive, démolie à la Révolution

 

Au tympan, l’ascension du Christ avec 13 personnages dans la partie inférieure


Autre facette de l'art roman, les modillons sculptés...

Le baptistère décoré de 14 panneaux

 

Nous passons la nuit au FP de Boulan (à 5 km) chez un éleveur de Salers.

 

samedi 12 avril

 

Petite échappée vers l'ouest pour voir le barrage de l'Aigleseul barrage sur cette rivière qui ne porte pas le nom de son implantation. Appelé aussi Barrage de la Résistance car il fut construit entre 1936 et 1945. Son nom viendrait d'une expression occitane "lou roc qui biù l'aigue" (le rocher qui boit l'eau)... à moins que des aigles aient élu domicile dans les parages... !?

C'est le plus puissant barrage de la région (360 000 kW, la consommation d'une ville comme Clermont Ferrand. A proximité, quatre ouvrages moins importants, barrages de la Luzège, de l'Aubre, de l'Auze et de Lavergne, dont les eaux de retenue sont dérivées par des galeries souterraines vers ce barrage principal.

Le barrage de l'Aigle, de type poids-voûte représente
240 000 m3 de béton sur une hauteur de 92m et une longueur en crête de 290m. Sa retenue contient 220 millions de m3 d'eau et s'étend sur 25 km. Les évacuateurs de crue (capacité 4000m3/s) sont audacieux par leur architecture : taillés en biseau, en forme d'aile de rapace, ils dirigent convenablement les crues dans l'étroite gorge de la Dordogne.

Un barrage fonctionne selon le principe d'un moulin : l'eau de la retenue, par une conduite forcée, tombe sur une turbine qu'elle met en rotation. Celle-ci est couplée à un alternateur qui génère le courant électrique. Puis un transformateur élève la tension de ce courant pour permettre à l'électricité produite de transiter par les lignes de façon optimale. 

 

Retour sur Mauriac pour quelques courses, puis la D922 nous mène jusqu'à Bort les Orgues.

Nous sommes à présent dans la région de L'Artense, au nord des monts du Cantal.

L'histoire géologique des Volcans d'Avergne est fondatrice de leur classement en parc naturel régional. Ce territoire est composé de l'Artense un plateau granitique, témoin des manifestations volcaniques qui ont donné naissance au plateau du Cézallier, aux monts du Cantal, aux Monts Dore et aux Monts Dôme. Ces cinq régions naturelles constituent des ensembles géomorphologiques distincts mais complémentaires, façonnés et animés par des activités humaines séculaires.

Plateau granitique tout en creux et en bosses, l'Artense s'illustre par ses paysages marqués par l'érosion glaciaire, une alternance de forêts, landes rocheuses, tourbières, rivières, lacs aux eaux limpides et villages de pierre. A cheval sur le Cantal et le Puy de Dôme, l'Artense est limitée à l'ouest par la vallée de la Dordogne, au sud et à l'est par la Rhue, et se termine, au nord, sur les premiers contreforts des Monts Dore.

 

Situé aux confins de l'Auvergne et du Limousin, la ville de Bort les Orgues est un chef lieu de canton de la Correze, à proximité du Cantal et du Puy de Dôme. Après un passage à la pharmacie (soupçon de piqûre de tique), nous montons vers le barrage.

 

Après dix ans de travaux, le barrage de Bort les Orgues est mis en eau en 1951. Son usine hydroélectrique, mise en service en 1952, est une pièce maîtresse dans le système électrique français : elle produit chaque année l'équivalent de la consommation en électricité d'une ville de plus de
120 000 habitants, telle Limoges. Le barrage, de type "poids-voûte", est le premier de la chaîne d'aménagements hydroélectriques de la Dordogne. Au delà de son rôle énergétique, il permet de réguler le débit de la rivière. Sa retenue est la quatrième plus grande de France en volume avec ses 477 millions de m3 d'eau.

Une conduite forcée

Bort est surplombé par les Orgues. Ce curieux phénomène géologique de coulées de lave phonolithique à plus de 700m d'altitude sur 2 km de longueur a créé de magnifiques falaise  en forme de tuyau d'orgues.

Le site est accessible à pied après un trajet de 2 km. Au pied des Orgues, Bort est traversé par la Dordogne


La D679 vers le S-E nous fait rouler le long des gorges de la Rhue au bout desquelles nous descendons sur
Riom ès Montagnes. L'église St Georges est un édifice du XIème siècle, sauf la nef qui date du XIIème siècle et le clocher de la période gothique Les chapiteaux du chœur illustrent de nombreuses scènes guerrières dont une de l'histoire locale : la lutte des chevaux auvergnats contre les Sarrasins.

Nous repartons vers le sud par la D3 et la D6 dans la vallée de Cheylade.

Puis la D690 et la D16 nous mènent au FP de St Saturnin, fromagerie où je m'aperçois en voulant régler nos achats que mon porte monnaie est resté à la maison de la Presse à Riom ès Montagnes... l'aller-retour pour le récupérer se solde par un échec (no comment....) et une visite à la Gendarmerie...

 

Dimanche 13 avril

Direction plein nord jusqu'au pont de Clamouze où nous entamons le tour du massif du Sancy par l'ouest.

 

Prismes basaltiques de La Roche Vendeix

1131m

 

Les Monts Dore, nés à la fin de l'ère tertiaire, se composent de 3 grands cônes juxtaposés, les massifs volcaniques du Sancy, de la Banne d'Ordanche et de l'Aiguiller et Adventif.

Scindés par des cols d'origine glaciaire (du Guéry, de la Croix Morand et de la Croix Saint Robert), les Monts Dore ont des allures de montagne alpine, avec un sommet à 1886m au Puy de Sancy, point culminant du Massif Central, et des lignes de crêtes acérées.

Surgi il y 900 000 ans, le massif du Sancy est le plus jeune et le moins érodé.

Recouverts à l'ère quaternaire d'une calotte de glace épaisse de plus de cent mètres, ils furent creusés de cirques et de profondes vallées. Avec l'apparition des premiers hommes, une nouvelle poussée volcanique sur ses bords produisit des volcans secondaires, creusant des cratères d'explosions et plusieurs lacs. Érosion et fractures du socle provoquèrent la création d'un cratère unique.

Emplacement de choix pour une forteresse qui servit de repère à Aimerigot Marcheix qui, après avoir combattu dans les troupes anglaises à Poitiers (1356), se met à la tête d'une bande d'aventuriers. Jusqu'en 1390, il vit de pillages et de rançons. Arrêté par les troupes du roi Charles VI, il sera mis a pilori puis décapité place des Halles à Paris. Son château fut rasé.

Nous arrivons à La Bourboule à l'heure du repas.

Selon la légende, la Bourboule doit son existence à un coup de baguette magique... Il y a bien longtemps, la vallée n'existait pas. Il n'y avait ici qu'un massif rocailleux et une terre aride. Les habitants invoquèrent les puissances divines locales : les fées qui résidaient sur un petit mamelon granitique à 945m d'altitude, la Roche des Fées. Ils les supplièrent de les aider en faisant apparaître de la bonne terre et de l'eau. Ces dames se montrèrent compréhensibles et d'un coup de baguette magique, la Dordogne su traça un chemin. Une source d'eau montrant un caractère miraculeux, issu des profondeurs de la terre est alors apparu en contrebas de la Roche des Fées, dont le nom actuel est la source Choussy : la véritable histoire de la Bourboule pouvait alors commencer.

Avant le milieu du XIVème siècle, la Bourboule, qui doit son nom au dieu celte Borvo (dieu des sources), n'était qu'un petit village : les bains de Murat le Quaire. Elle est devenue commune à part entière en 1875, mais ses origines sont beaucoup plus anciennes puisque le début de son activité thermale remonterait à l'époque Gallo-Romaine.

 

Nous visitons l'église St Joseph.

Puis une balade dans la ville nous amène à l'hôtel de ville (ancien casino des thermes), au Casino (majestueux) puis à l'Etablissement Guillaume Lacoste, ancien hôpital thermal...

Nous rejoignons ensuite Mont Dore pour accéder au téléphérique du Sancy (deux heures aller-retour) : départ du parking au pied du Puy de Sancy (1350m) ; après une montée (450m franchis en 4 minutes), l'ascension se prolonge par un cheminement et des escaliers en bois jusqu'au sommet.

 

Nous voici sur la D36 au passage du col de la Croix St Robert, puis nous passons au pied du Rocher de l'Aigle avant d'atteindre Besse et St Anastaise.

Cité médiévale et Renaissance, Besse témoigne d'un riche passé architecturale et historique. Construit sur une coulée de lave, ce bourg pittoresque et animé s'inscrit dans un cadre naturel hors du commun. L'origine de Besse est encore à élucider. Besse et Chandèze étaient deux paroisses distinctes avant d'être réunies en 1790 lors de la création des communes, devenant ainsi "Besse en Chandesse". En 1973, la commune fusionne avec St Anastaise et forme "Besse et Saint Anastaise"

 

A l'époque médiévale, Besse est un site de relais, de marchés et de foires. Les peaux, les fromages de montagne s'échangent contre les céréales, les fruits et le vin des vallées et des plaines

C'est en 1270 que Bernard VII de la Tour accorde le statut de ville libre après que les bourgeois bessards ont acheté leur charte communale.

 

 

nous allons visiter l'église St André; elle est édifiée au XIIème siècle sur une coulée de lave qui affleure encore côté ouest. C'est le premier bâtiment fortifié à Besse en 1370.

 

nous passons devant la maison de la reine Margot...

Une légende prétend que la reine Margot, de son vrai nom Marguerite de Valois, aurait passé une nuit dans cette maison. Lors de son passage en Auvergne sur les terres de sa mère, Catherine de Médicis, elle est capturée par les troupes royales et enfermée pendant 19 ans au château d'Usson...

Nos pas nous mènent jusqu'au Beffroi, construit au milieu du XVème siècle et restauré à diverses reprises.

Sur les trois portes intégrées dans le rempart daté du XVème siècle, c'est la seule qui subsiste aujourd'hui. Ce monument est une structure à vocation défensive dont on peut encore admirer les mâchicoulis, les vestiges de la herse et du chemin de ronde. Une girouette à tête de loup orne la lanterne, évoquant la légende des loups qui auraient protégé la ville...

Nous faisons route au S-O avec vue du Super Besse jusqu'au parking du lac Pavin où nous passerons la nuit.

Les Monts Dore sont parsemés de lacs d'origine volcanique ou glaciaire. Certains occupent le cratère d'un ancien volcan (lacs Pavin, Chauvet, Servières), d'autres sont des rivières dont le cours a été barré par l'éruption d'un volcan (lac Chambon) ou une coulée de lave.

Profond de 92m, le lac Pavin occupe le cratère dont une éruption émit des projections jusqu'à St Flour, à 35 km de là.

La légende dit que l'ancienne ville de Besse aurait été engloutie dans le lac par punition divine et que d'y jeter un caillou déclenchait d'effroyables orages... C'est d'ailleurs l'origine de son nom "pavens = épouvantable"

Lundi 14 avril

Réveil givré... 7 petits degrés dans le CC...

Départ vers l'est par la D621, passage à St Floret puis arrêt gazole et office du tourisme à Issoire, nichée entre les pentes du Livradois, les Monts Dore et le Dauphiné d'Auvergne.

En 1540, beaucoup d'Issoriens sont protestants. Malgré la mort au bûcher d'un des leurs, ordonnée à titre d'exemple, les conversions se multiplient au point qu'Issoire est surnommée "la petite Genève".

Nous visitons l'abbatiale Saint Austremoine.

Au IIIème siècle de notre ère, sept évangélisateurs sont envoyés en Gaule par le Pape. L'un d'eux, Stremonius, ou Austremoine, serait venu en Auvergne et aurait fondé une abbaye à Issoire. Cette histoire, relatée par Grégoire de Tours au VIème siècle, contribue à perpétuer la légende de la fondation de l'abbaye d'Issoire par Saint Austremoine, premier évêque du diocèse. Au début du IXeme siècle, des moines bénédictins de l'abbaye poitevine de Charroux fuient les invasions normandes et se réfugient à St Yvoine, à 5 km au nord. Ils se rendent à Issoire pour construire une nouvelle abbaye qui est consacrée en 937.Au XIIème siècle, à l'apogée de l'art roman, l'abbaye est reconstruite. L'église abbatiale est terminée vers 1190. Elle constitue aujourd'hui un chef d'oeuvre de l'Auvergne romane. Au XVIème siècle, Issoire est particulièrement touchée par les guerres de Religion. En 1575, le capitaine huguenot Merle et ses soldats s'emparent de la ville et saccagent l'abbaye. Faute de moyens, l'abbatiale va peu à peu se dégrader. La Révolution Française et la suppression des ordres religieux sonneront le glas de dix siècles de vie monastique.

Si la Tour de l'Horloge de la ville d'Issoire a un aspect très XIXe siècle, c'est parce qu'elle a été restaurée en 1830. En réalité, les historiens penchent pour une construction remontant au XVe siècle. Ce seraient deux frères, Austremoine et Antoine Bohier, marchands et consuls d'Issoire, qui seraient à l'origine du monument, conçu au départ comme un beffroi. La Tour de l'Horloge fit fonction de tour de guet, de maison communale et, bien sûr, de clocher.
L'intérêt principal de la Tour de l'Horloge est évidemment le belvédère, c'est-à-dire la petite pièce à son sommet d'où l'on peut contempler les paysages alentours (Puy de Sancy, Monts du Forez, etc.). On a aussi une vue magnifique sur les toits et les deux clochers de l'abbatiale Saint Austremoine, toute proche.

Si la Tour de l'Horloge de la ville d'Issoire a un aspect très XIXe siècle, c'est parce qu'elle a été restaurée en 1830. En réalité, les historiens penchent pour une construction remontant au XVe siècle. Ce seraient deux frères, Austremoine et Antoine Bohier, marchands et consuls d'Issoire, qui seraient à l'origine du monument, conçu au départ comme un beffroi. La Tour de l'Horloge fit fonction de tour de guet, de maison communale et, bien sûr, de clocher.
L'intérêt principal de la Tour de l'Horloge est évidemment le belvédère, c'est-à-dire la petite pièce à son sommet d'où l'on peut contempler les paysages alentours (Puy de Sancy, Monts du Forez, etc.). On a aussi une vue magnifique sur les toits et 


les deux clochers de l'abbatiale Saint Austremoine, toute proche.

 

Quelques km vers l'est et voici Usson.

Au XIVème siècle, le duc Jean de Berry fait construire sur l'emplacement d'un ancien château une citadelle imprenable, une des plus importante du royaume, dont la devise était "garde le traître ou la dent". Transformé en prison par Louis XI mais devenue une menace pour le pouvoir royal, elle sera rasée sur ordre de Richelieu en 1633.

Fille de Henri II et de Catherine de Médicis, femme d'Henri de Navarre, futur Henri IV, Marguerite de Valois, la Reine Margot, née en 1553, est emprisonnée à Usson sur ordre de son frère Henri III... Elle y restera 19 ans ! Elle reconstitue un Cour, aménage et décore le château, reçoit écrivains, poètes et musiciens, pratique la charité (donnerie d'Usson), mène une vie pieuse sans négliger sa vie amoureuse. En 1605, elle peut regagner Paris où elle s'éteint 10 ans plus tard.

Nous repartons vers l'ouest pour visiter St Nectaire, réunion de deux localités : St Nectaire le Bas qui s'étire sur 2 km dans la vallée et St Nectaire le Haut, vieux village dominé par son église. C'est une des plus belles d'Auvergne, elle représente un des édifices romans majeurs de la région. Elle est construite au début du XIIème siècle, sur l'emplacement d'un ancien culte païen dédié au soleil. Son architecture est complexe malgré une apparence assez simple avec notamment une façade très austère. Bâtie d'un seul jet, en lave trachyte et tuf poreux, elle mesure 38m de long, 11m de large et 20m de haut sous la voûte. Elle se compose d'une nef bordée de deux bas côtés, d'un transept débordant surmonté d'une tour au dessus de la croisée puis enfin d'une abside avec déambulatoire et trois chapelles rayonnantes. La principale richesse de cette église réside dans sa multitude de chapiteaux (107) sculptés  et historiés qui narrent les principaux épisodes du livre saint. A la Révolution, le clocher est détruit et ce n'est qu'en 1876 qu'il est reconstruit et l'église rénovée.

 

 

A quelques km, point de vue sur le château de Murol, dressé sur son piton volcanique.

Petite escapade vers le lac Chambon qui trouve son origine dans l'explosion du volcan la Tartaret qui fit obstacle au cours de la rivière venant de la vallée de Chaudefour.


En remontant vers le nord, nous passons près du lac d'Aydat, lac de barrage créé par des coulées de lave issues des Puys de la Vache (1167m) et de Lassolos (1187m). Au col de la Ventouse, vue sur ces puys, volcans égueulés à dynamisme strombolien dont les coulées de lave sont relativement fluides. Ce type d'éruption combine les types effusifs et explosives. Ces cônes égueulés existent depuis 8 500 ans !

Les GPS met un peu de piment à notre trajet d'approche du FP de Mazaye en nous embarquant dans de très étroites ruelles.

 

mardi 15 avril

Nous filons vers le sud. Arrêt à Orcival.

Chef d'oeuvre de l'art roman auvergnat avec le massif barlong sur lequel repose le clocher, avec l'étagement de toitures en lauze. Le tout forme la pyramide auvergnat : la crypte, les chapelles rayonnantes, l'abside, le déambulatoire et le transept débordant au nord et au sud avec absidioles.

Côté sud, au dessus du cadran, Vierge à l'enfant avec, à ses pieds, un homme qui est enchaîné, symbole du pèlerin d'Orcival.

Les boulets et les chaînes, autant d'ex voto apportés là par les captifs, prisonniers venus remercier ND des Fers pour leur libération.

La porte St Jean est la grande porte par où rentrent les pèlerinages. La porte, avec ses ferrures du XIIème siècle, nous parle d' l'Apocalypse : le combat de la bête et de l'homme! Comptez les têtes animales et les têtes humaines !

Petit détour supplémentaire vers le sud pour admirer les Roches Tuilières (à gauche) et Sanadoires (à droite).

Ce sont des "protrusions" apparus il y a 2 millions d'années. Les magmas étaient si visqueux qu'ils n'ont pas pu se déverser latéralement hors des cratères comme le font les dômes. Tels des "pistons de lave", ils se construisirent verticalement en une seule venue pour la Roche Tuilière, d'où un débit en plaques pour fabriquer des lauzes, en plusieurs venues pour la Roche Sanadoire, ce qui créa une prismation en gerbes; le refroidissement de la lave forme un réseau de fissures de retrait et les prismes (ou orgues) s'orientent perpendiculairement aux surfaces de refroidissement. La Sanadoire est aussi nommée "la Sonnante" à cause des gémissements que la bise tire de ses fissures. Ces deux roches sont constituées de phonolites (grise tachetée) qui résonne sous les coups de marteau.

Il est temps de rejoindre la N89, Bourg Lastic, Ussel, St Angel où nous bifurquons vers Meymac (Corrèze) 
et son abbaye St Leger - St André (XIème et XIIème siècle). 
À l'entrée, le clocher-porche de style roman-limousin, polylobé, et dont les onze chapiteaux offrent des sculptures sur la foi, les rêves, les espérances, est la partie la plus ancienne de l'église, sans doute commencée en 1085.

Des pierres gravées attestent la date de 1119 pour la construction du transept et des absides.

L'orientation des absides (inclinées vers la droite par rapport à l'axe de la nef) prend pour axe le lever du soleil à l'aube de la fête du saint patron.

Les chapiteaux sculptés du narthex sont du xie siècle.

La nef a été bâtie à la fin du XIIème siècle. La voûte, posée sur croisée d'ogives, est du XIIIème siècle (début du style gothique). Dimensions intérieures de l'église longueur 49 m, largeur du transept 26 m, hauteur sous la voûte 14 m
Pièces remarquables : Vierge noire du XIIème siècle, Statue et buste reliquaire, de Saint Léger, saint patron de la paroisse de Meymac, Orgue baroque de création pure XVIIème siècle, mais de fabrication contemporaine, inauguré le .

La légende veut qu'un ermite nommé Mamacus ait construit au VIème siècle une petite église dédiée à l'apôtre saint André. C'est en 546 que Rorice II, évêque de Limoges, vint consacrer la nouvelle église.

Le 3 février 1085, Archambaud III, vicomte de Comborn, fonde le prieuré de Meymac, constitué de quelques moines bénédictins.

En 1146, grâce à la contribution d'Ebles II de Ventadour, le prieuré devient abbaye, autour de laquelle se développe l'un des quatre principaux duchés de Ventadour.

Le , les derniers moines quittent les lieux et l'abbaye est vendue par lots successifs. Au XIXème siècle, elle devient caserne, grenier à foin, écurie.

 

Halle du XVème siècle qui jouxte l'abbaye

maison
des Ventadours

 

le Beffroi, tour de guet de l'ancienne fortification du XVème siècle


Croix en Clé Ajourées

 

St Léger


 

A proximité de Meymac se trouve le Mont Bessou, point culminant du Limousin.

En 2005 y fut érigée une tour panoramique (188 marches) de 26m de haut afin qu'à son sommet on atteigne l'altitude de 1 000m, d'où son surnom : "la tour des mille"

Le panorama s'étend à l'ouest vers le plateau des Millevaches, parsemé de multiples tourbières, et à l'est vers l'Auvergne (puy de Dôme et Plomb du Cantal)


Nous continuons notre "détour" par Millevaches puis St Merd les Oussines où nous allons visiter les vestiges gallo-romains des Cars. Les fouilles, débutées en 1936, mirent à jour un bâtiment d'habitation (Ier siècle apjc) et un ensemble funéraire (IIème ou IIIème siècle) de deux monuments en grands blocs taillés, assemblés à joints vifs et maintenus entre eux par des crampons métalliques scellés au plomb. Leur toitures étaient en lauzes de granit.

A l'époque, la crémation est le principal mode de sépulture.

Le mode de vie romain s'installe sur ce territoire au Ier siècle. Les murs sont en moellons irréguliers. L'ensemble de l'habitat s'organise autour d'une cour bordée d'une galerie couverte qui dessert différentes salles. La cuve monolithe du Bac des Cars (1,75m de haut) était un réservoir d'eau destiné à alimenter une piscine chauffée. L'abandon des bâtiments est lié aux mutations économiques provoquées par les invasions germaniques (vers 275).

Le site sert ensuite de carrière aux habitants des environs.

 

 

 

Nous redescendons jusqu'à Pérols sur Vézère et empruntons la route des Hêtres, ancienne D279, bien mal revêtue sur ses cinq premiers km. 

Cet itinéraire offre quelques vues sur la vallée des Farges et plus loin, sur les Monts du Cantal.

A Maussac, nous voilà sur la N89 que nous suivons jusqu'à l'arrêt au FP des Rosiers d'Egletons, et c'est la fin du premier périple en Auvergne...