suite de notre périple en Périgord...

 

Nous piquons vers le sud en longeant la Dronne jusqu'à Brantôme. Les parkings VL sont bondés mais il y a heureusement un grand stationnement réservé C-cars et nous y trouvons de la place.

Le seigneur de Brantôme était un chroniqueur (Pierre de Bourdeille) du XVIème siècle et abbé commendataire de l'abbaye.

L'église Notre-Dame, dont l'emplacement correspond à celui d'une "caverne de l'idole" (VIème siècle av JC) où les Gallo-Romains avaient édifié un temple à Mercure.

L'abbaye bénédictine est fondée en 768 par Pépin le Bref. Son clocher-campanile, construit sous Charlemagne, n'a subi aucune modification ou destruction depuis son origine.

l'escalier Vauban (XVIIème siècle) desservait l'étage de l'infirmerie et de réception des pèlerins (reliques de St Sicaire).

De conception hardie, c'est un escalier à encorbellement reposant sur des demi cintres et ses voûtes sont presque horizontales.

Il tient son nom de l'abbé à l'origine de sa restauration et qui était un neveu de Vauban.

 

charpente de l'abbaye St Pierre


Fontaine du cloître dont l'eau était déjà considérée                      Du cloître reconstruit vers 1465 et achevé en 1539 ne subsiste que l'aile 

comme sacrée par les Celtes du VIème siècle av JC.                       occidentale avec ses voûtes en croisées d'ogives, les 3 autres furent rasées en                                                                                                                                            1858 par l'architecte Paul Abadie, élève de Violet le Duc

Dans l'église

Porte royale du XIVème siècle provenant d'Albanie et de style byzantin.

 

 

Représentation de l'Archange Gabriel pendant l'Annonciation.

 

 

 

La Vierge Marie lève sa main droite, paume ouverte comme en un geste de surprise. De sa main gauche, elle tient un fuseau. Souvent représentée en train de filer, suivant une tradition byzantine, Marie se lève pour saluer et accueillir l'envoyé de Dieu. 

 

 

la falaise calcaire, percée de cluzeaux et de grottes occupées dès la préhistoire

 

Passerelle dite Eiffel réalisée en 1895 par Jean Borie sur les conseils des ateliers Eiffel

Elle mène au château de la Hierce (XVIème siècle)


Nous reprenons la route vers l'est au milieu d'un décor de pierre étonnant

Nous arrivons à Celles où nous attend un France Passion où sont élevées des autruches.

vendredi 16 août

Nous retrouvons la vallée de la Dronne à Montagrier où nous visitons l'église. Ancien prieuré bénédictin du XIIème siècle, devenu église paroissiale au XVIIIème siècle. De l'époque romane subsistent le chœur en plan tréflé subtrilobé (unique en Périgord), le transept et quelques chapiteaux. Fin XIXème siècle, la nef est élargie et surélevée et le clocher rehaussé d'un étage. Fin XXème siècle, des tuiles remplacent les ardoises et les lauzes des absides.

                                                                                                                                                                                                                                 chrisme du VIème siècle en réemploi

 

Notre trajet le long de la Dronne nous mène à Aubeterre sur Dronne (département des Charentes) où une grande zone herbeuse et ombragée nous accueille. Repas sur place.

Grâce au non-sens de l'orientation de Francine, nous marchons une heure et quart avant d'atteindre l'entrée de l'église souterraine où nous attendrons quinze minutes bien au frais, l'heure de la prochaine visite avec audio-guide.

 

Creusée en une dizaine d'années, début XIIème  siècle, sur ordre de Pierre le Grand à son retour de la 1ère croisade (son château surplombe cette falaise). Le chœur a disparu vers le XVème siècle, probablement ruiné par l'érosion.

La nef (27x16m) mesure 17m de haut et sa voûte repose sur deux piliers octogonaux.

Les fidèles et les pèlerins suivaient différentes étapes de circulation dans cet espace à la manière d'un chemin processionnel à l'imitation de la Passion et de la Résurrection du Christ (de la crucifixion à la mise au tombeau)

Le déambulatoire reste accessible par un escalier de 80 marches.

Le creusement de l'église a commencé par cette galerie d'où étaient évacuées les pierres d'extraction.

Au fur et à mesure de l'avancement des travaux, du haut vers le bas, d'autres sorties pour les matériaux ont été nécessaires.

Les problèmes de ruissellement d'eau furent résolus par le creusement de rigoles dans les parois de la galerie haute, dans l'escalier qui mène au château et dans l'escalier qui descend dans l'église, ainsi que par la création d'un puits collecteur.

Le reliquaire, entièrement monolithe, imite le monument érigé au IVème siècle par l'empereur Constantin, dans la grotte où fut déposé le Christ à sa descente de la croix. Il mesure 3m de diamètre et six de haut.

Nécropole d'environ 170 tombes où les corps étaient parfois superposés et séparés par des dalles de pierre.

Les enfeus étaient réservés aux notables.

Aubeterre tire son nom de la terre blanche (alba terra) qui compose la colline disposée en amphithéâtre sur lequel est fondé le village

Balcons à l'espagnole : galeries de bois superposées et reliées entre elles par un escalier servant d'espace de circulation. Celles du dernier étage permettaient de stocker et de faire sécher céréales et peaux. L'aimable commerçant à qui Francine a acheté une glace et demandé quelques renseignements nous fait "visiter" son balcon

Visite de l'église St Jacques dans la "ville haute"


On peut admirer la façade romane à trois niveaux, le portail polylobé....

Les vastes dimensions de l'église et la richesse du décor sculpté témoignent de l'importance de l'édifice.

château (XIème siècle) au cœur des luttes de la guerre de cent ans de par sa position stratégique aux confins de l'Angoumois, de la Saintonge et du Périgord.


Nous faisons route au sud jusqu'à Sauveterre de Guyenne  (Gironde)

Sur le site d'une petite bourgade du IXème siècle, s'éleva vers 1280 un petit château habité par Dame Athalésie qui donna à la cité son premier nom : Athala.  Pour mettre fin aux rivalités seigneuriales, le roi d'Angleterre Edouard 1er accepta la création d'une bastide en 1281 qui prit le nom de Salva-Terra. Sauveterre devint définitivement française en 1451.

Quatre portes permettaient l'accès à la ville : au nord la porte St Léger, à l'est la porte St Romain, au sud la porte de la Font, à l'ouest la porte Saubotte.

En 1940 Sauveterre de Guyenne devient ville-frontière entre zone occupée et zone libre.

 

Maisons à colombage du XVIème siècle.

 

 

 

 

 

Nous allons visiter l'église Notre-Dame qui date de la fondation de la bastide, endommagée pendant la Révolution et reconstruite au XIXème siècle. L'incendie de 1837 détruisit le clocher; la tempête de 1887 aussi !


Au fait, pourquoi y-a-t-il des orgues dans les églises ? L'orgue fut le seul instrument à pouvoir accompagner, tout seul, le chant polyphonique à qutre voix, très en vogue dans l'Eglise à partir du XIVème siècle et jusqu'au milieu du XVIIIème siècle.

 

A 18h00, arrêt au France Passion de Castelviel.

Le ciel se couvre et l'orage gronde vers le sud.

 

Samedi 17 août

Encore deux sites à visiter avant le retour sur Beliet. Nous commençons par le château de Roquetaillade. (commune de Mazères)

De nombreux films  ont été tournés et justement une équipe cinématographique commence à investir les lieux.

La visite guidée démarre après que nous avons eu le temps de voir une expo sur les machines de guerre du Moyen Age et toutes les photos à l'intérieur du château sont interdites.

Le château est à fossé sec car il est situé sur un point culminant.

De la construction du XIème siècle ne restent que le donjon, une tour des remparts et une chapelle, devenue salle de réceptions et de concerts. Le reste de la  forteresse date de 1306 et fut construite par le neveu du pape Clément V. Le village existant aux abords fut décimé par la peste noire (~1350) et abandonné au profit d'un habitat plus éloigné et plus dispersé.

Nous commençons par la visite  de la chapelle St Michel (XIVème siècle) rénovée par Viollet le Duc et encore utilisée aujourd'hui pour les cérémonies familiales. Nous y voyons une chaufferie (c'est à dire un poêle !), une crypte avec les cercueils des propriétaires successifs et un baptistère en marbre de Carrare et émaux portant une inscription latine (Pour me laver plus blanc que neige).

Nous pénétrons dans l'enceinte du château par la porte principale de cette façade à quatre tours.

La cour intérieure, très étroite, avait exigé la mise en place d'une circulation à sens unique pour charrettes et cavaliers qui devaient en ressortir par une porte charretière sur le côté gauche.

Le RdC des bâtiments, où se situaient les écuries et les étables, a été rénové par Viollet le Duc.

Le 1er étage a été modifié à la Renaissance et les deux autres sont du XIVème siècle.

Dans la cour se trouve le puits dont la profondeur égale la hauteur du donjon. Y sont représentées les figures de Viollet le Duc, de l'impératrice Eugénie, sa maîtresse, et celles de Mr et Mme Mauvaisin, propriétaire à l'époque, ainsi que leurs blasons (cygnes et églantines pour Mr, vaches et canards pour Mme, née G de Béarn ). A la Révolution, grâce à un pot de vin, y fut rajouté un lion (le blason de Lansac).

Nous voici dans l'entrée du logis où est suspendu un énorme lustre en bronze de 350kgs, avec système de poulies pour le manœuvrer afin de l'allumer) décoré de couronnes de marquis et de cygnes.

L'escalier est également remarquable car il est le résultat d'un projet présenté pour l'opéra de Paris... et refusé puisqu'on lui avait préféré le projet de Garnier. Deux figurines sculptées l'agrémentent : la chauve souris, emblème de Viollet le Duc et un griffon, un singe qui mange une pomme, symbole d'un bon accueil pour les ouvriers... S'il s'était mordu la queue, ça aurait été symbole de mauvais accueil ! Au pied de l'escalier est installée une fontaine à quatre robinets... mais ne présentant aucun système d'évacuation !

Dans la première salle trônent un piano Playel et des fauteuils Louis XV aux motifs inspirés des Fables de la Fontaine. Aux murs, des portraits de femme, car la transmission par héritage de ce château se fait par la lignée féminine, et un portrait de Louis XIV qui est venu ici.

Puis nous passons danns la chambre du Cardinal (Richelieu ?)avec un lit portugais et un prie-Dieu avant d'arriver dans la salle synodale dont  la  cheminée est décorée d'une peinture centrale (Hercule et l'Hydre de Lerne) et les statues des quatre vertus cardinales, la Prudence, la Force, la Justice et la Tempérance.

Le système de chauffage, imaginé par Viollet le Duc, se fait par le sol.

Nous voici maintenant dans la salle à manger: table pouvant accueillir quarante convives (avec 6 pieds et 10 plateaux supplémentaires, des chaises à roulettes avec repose menton pour que les messieurs puissent s'y installer à califourchon et s'y reposer après le repas... et, si nécessaire, deux chambres attenantes leur permettant de profiter d'une sieste digestive : la chambre rose à deux lits avec un piano recouvert de feuilles d'ivoire (deux exemplaires au monde, l'autre est à Chicago) et la chambre verte à deux lits avec encoche dans le tour de lit pour y passer la bassinoire. Le confort est amélioré par la présence d'une salle de bains attenante à la salle à manger. S'il est parfois souhaitable de prendre l'air après le repas, une sortie par pont basculant à système de poids et de chaînes est prévu.

Par la fenêtre de la salle à manger, nous apercevons l'entrée d'un souterrain de cinq km de long.

Dernière salle de la visite : la cuisine et son piano de cuisson à plusieurs zones, du plus chaud au plus froid, et à évacuation des fumées par le sol jusqu'à atteindre la cheminée. De nombreux ustensiles en cuivre sont exposés : pot à sauce, qui s'encastrait dans la zone chaude du piano, tourtière à couvercle, turbotière en forme de losange, moules à cannelés, à charlottes, différents presse-fruits, presse-viandes (???). Egalement un tourne broche à contre poids, différents entonnoirs dont un en bois pour les barriques, un ustensile à taper le linge et la bassine de lavage avec cendres et eau.

 

Mis en appétit nous rejoignons nous rejoignons notre mini, mais fonctionnelle, cuisine dans le camping car et, peu avant 15h00, nous arrivons à Uzeste et visitons l'église Notre Dame d'Uzeste.

Eglise initialement romane et lieu de pèlerinage dès le XIIème siècle, elle est restaurée dans le style gothique (voûtes surélevées, chœur entièrement reconstruit) par Clément V dès son élection au siège de pape en 1305. Il élève Notre Dame d'Uzeste en collégiale : le culte y est assuré par un "collège" de 12 chanoines.

Le clocher date du XVème siècle : 3 étages à fenêtres gothique flamboyant, deux balcons carrés superposés, une corniche sculptée de têtes monstrueuses, animaux et feuillages. La flèche date du XIXème siècle.

Tympan du XIVème siècle : le couronnement de la Vierge par le Christ. Le linteau est gothique. Il subit des dégâts lors des guerres de religions.

 

 

 

Vierge allaitante.

 

Objet de pèlerinage dès le XIIème siècle car réputée miraculeuse.

Les mères venaient lui demander du lait pour leurs enfants


Nous admirons aussi le gisant de Clément V : socle en marbre noir du Danemark, gisant en marbre blanc de Carrare. Il y sera inhumé 47 ans après son décès.Ce Bertrand de Goth, né à Villandreau en 1264, devient prêtre à 26 ans, évêque de Comminges à 31, archevêque de Bordeaux à 35, et, bien que n'étant pas cardinal, pape à 41 ans à l'issue d'une élection qui dura 11 mois dans un climat tendu.

Il ne siégera jamais à Rome. Installé en Avignon, ses successeurs y resteront pendant 70 ans et y construiront le Palais des Papes.

Son pontificat est marqué par les démêlés avec Philippe IV le Bel au sujet du procès intenté par celui-ci aux Templiers.

Au moment de périr sur le bûcher, Jacques de Molay, grand maître des Templiers, aurait maudit le pape et le roi, les citant à comparaître rapidement devant le Tribunal de Dieu : le pape est mort un mois après, le roi, sept mois plus tard.

et nous reprenons la route vers Beliet.